Pour 1 litre d’eau, le dosage de bouillie bordelaise se situe généralement entre 10 et 20 g pour les produits courants, mais la dose exacte dépend de la plante, de la maladie visée et de l’étiquette du fabricant. Pour un produit vendu en jardinerie, retenez souvent 10 g/L pour les cultures sensibles, 12,5 g/L pour les tomates ou la vigne, et jusqu’à 20 g/L pour certains traitements d’hiver au verger.
Un dosage adapté protège les feuilles sans ajouter inutilement du cuivre au sol. Pour nous repérer facilement, nous vérifions la teneur indiquée sur l’emballage, pesons la poudre et testons la préparation sur quelques feuilles avant de traiter tout le jardin. Voici les repères essentiels :
- Mesurez en grammes : une cuillère n’offre qu’une estimation, qui varie selon la poudre.
- Choisissez le dosage selon la plante et son stade de croissance.
- Respectez l’étiquette, notamment les doses, le nombre de traitements et le délai avant récolte.
- Préférez la prévention et limitez les applications pour préserver le sol et les organismes qui y vivent.
Dosage par plante et par litre
Le bouillie bordelaise dosage se choisit d’abord en fonction de la culture et de la formulation achetée. Les valeurs ci-dessous sont des repères pour des produits courants, souvent formulés autour de 20 % de cuivre métal. La concentration en cuivre peut varier d’une marque à l’autre : l’étiquette du produit reste la référence, même si ses indications diffèrent de ce tableau.
Une dose de 12,5 g/L constitue un repère fréquent pour certaines cultures du potager et la vigne. Pour les légumes fragiles, les rosiers et plusieurs plantes ornementales, on rencontre souvent une dose de 10 g/L. Les traitements sur bois nu au verger peuvent atteindre 15 à 20 g/L lorsque l’étiquette le permet.
| Culture | Maladie visée | Repère par litre | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Tomate, aubergine, poivron | Mildiou, taches foliaires | 12,5 g | Environ 6 à 12 g/L selon le produit et la sensibilité |
| Pomme de terre | Mildiou | 12,5 g | Vérifier l’autorisation et la dose sur l’emballage |
| Vigne | Mildiou, black-rot | 12,5 g | Respecter les limites par saison et le délai avant récolte |
| Pommier, poirier | Tavelure, chancre | 15 à 20 g | Les doses hautes concernent généralement les traitements d’hiver |
| Pêcher, abricotier | Cloque, moniliose | 15 à 20 g | Tester sur une petite zone et éviter les tissus sensibles |
| Rosier, fraisier, légumes sensibles | Taches foliaires, rouille | 10 g | Surveiller toute réaction après le premier essai |
| Courgette, concombre, laitue | Mildiou, anthracnose | 10 g | Tenir compte du délai avant récolte |
Pour calculer un autre volume, multipliez simplement la dose par litre. À 12,5 g/L, un pulvérisateur de 5 litres demande 62,5 g, tandis qu’un réservoir de 10 litres en exige 125 g. Cette règle ne signifie pas qu’il faut préparer un grand volume : un litre couvre environ 10 m² de légumes bas, selon la densité du feuillage et la qualité de l’application.
Les produits commerciaux ne sont pas interchangeables au gramme près. Si l’étiquette indique, par exemple, une dose différente pour la tomate, ne la remplacez pas par le repère général. Une mesure adaptée à votre produit protège mieux qu’une dose copiée d’un autre emballage.
Préparer un litre sans erreur
La préparation commence par la lecture attentive de l’étiquette, qui précise le volume d’eau, la dose, les cultures autorisées et les précautions d’emploi. Pour un produit du commerce déjà formulé, il suffit généralement de disperser la quantité pesée dans l’eau : il ne faut pas ajouter séparément du sulfate de cuivre ou de la chaux. La recette traditionnelle maison est moins facile à maîtriser et ne remplace pas un produit autorisé pour l’usage envisagé.
Nous préparons la bouillie à l’extérieur ou dans un endroit bien ventilé, loin des aliments et des animaux. Des gants, des lunettes et des vêtements couvrants limitent le contact avec la poudre et les projections. Nous choisissons un récipient en plastique plutôt qu’en métal, puis réservons le matériel à cet usage et le gardons hors de portée des enfants.
Peser et mélanger correctement
Une balance précise au gramme est préférable à une cuillère. Une cuillère à café rase peut représenter environ 5 g, et une cuillère à soupe autour de 10 à 12 g, mais la granulométrie, le tassement et la forme de la cuillère changent le résultat. Pour une petite dose comme 6,25 g, une estimation à l’œil peut vite conduire à un excès.
Versez d’abord la quantité de poudre dans un petit volume d’eau, puis remuez jusqu’à obtenir une suspension homogène. Complétez progressivement jusqu’au volume final d’un litre et remuez encore. Si le mélange contient des grumeaux, filtrez-le avec un filtre fin compatible avec le pulvérisateur : une buse bouchée peut laisser des zones sans protection ou provoquer des jets irréguliers.
La bouillie bordelaise est une suspension : le produit peut se déposer au fond du récipient. Agitez le pulvérisateur régulièrement durant l’application afin de conserver une répartition uniforme. Une couleur bleue homogène est un repère visuel utile, mais elle ne prouve ni que la dose est juste ni que le produit est adapté à la culture.
Préparez uniquement le volume nécessaire. La préparation se conserve mal et peut se déposer ou durcir dans l’appareil ; utilisez-la rapidement en suivant les indications de l’emballage, puis nettoyez le pulvérisateur après usage. Rincez-le loin des fossés, bassins et cours d’eau, sans déverser les restes dans une évacuation ou sur une zone sensible.
Avant un traitement complet, appliquez une petite quantité sur quelques feuilles représentatives, puis attendez environ 48 heures pour observer leur réaction. Cette précaution est particulièrement utile sur de jeunes plants, les variétés sensibles et les feuillages déjà stressés. Pesée précise, mélange régulier et essai préalable réduisent nettement le risque de phytotoxicité.
Adapter la dose aux cultures
Le dosage selon la plante ne dépend pas seulement de son nom : l’âge, l’état du feuillage, la météo et le stade de développement comptent aussi. Un jeune plant de tomate supporte moins bien une pulvérisation concentrée qu’un feuillage adulte en bon état. Pour commencer, choisissez la dose la plus faible autorisée par l’étiquette, surtout si vous ne connaissez pas la réaction de la variété.
Réussir le traitement des tomates
Pour le traitement des tomates contre le mildiou, un repère courant est de 10 à 12,5 g/L selon le produit. Sur de jeunes plants ou après une période de stress hydrique, une dose basse, si elle est prévue par l’étiquette, permet de limiter les brûlures. Le cuivre agit surtout en surface et en prévention : il ne répare pas les feuilles déjà envahies par la maladie.
La protection du potager passe aussi par des gestes de culture. Espacez les pieds d’environ 60 à 80 cm lorsque la variété et la place le permettent, tuteurez-les et arrosez au pied plutôt que sur les feuilles. Une bonne circulation de l’air réduit le temps pendant lequel le feuillage reste humide, condition qui favorise la maladie.
Les pommes de terre se traitent également en prévention contre le mildiou, mais la dose autorisée et les conditions d’emploi doivent être vérifiées sur le produit choisi. Pour la salade, les choux ou les légumes sensibles, un repère de 10 à 12,5 g/L est parfois indiqué. Comme les parties récoltées peuvent recevoir des dépôts, respectez toujours le délai avant récolte.
Protéger le verger et les rosiers
Le traitement des arbres fruitiers demande de distinguer le bois nu du feuillage en croissance. Pour les pommiers et poiriers, certaines étiquettes prévoient 15 à 20 g/L à des moments précis, comme la chute des feuilles ou le gonflement des bourgeons. Une dose adaptée à cette période ne doit pas être transposée à un arbre couvert de jeunes feuilles.
Sur pêcher et abricotier, les traitements contre la cloque se placent généralement autour de la chute des feuilles et avant l’ouverture des bourgeons, selon l’autorisation et le calendrier du produit. Les tissus jeunes peuvent être sensibles ; testez une petite partie du végétal et évitez les applications en pleine floraison. La vigne se situe souvent autour de 12,5 g/L dans les repères courants, avec des variations selon la formulation et la pression sanitaire.
Pour le soin des rosiers, une dose indicative de 10 g/L est souvent retenue contre certaines taches foliaires ou la rouille. Pulvérisez sur un feuillage sec et évitez de traiter les fleurs ouvertes ou une plante affaiblie. Si une première application laisse des marques ou entraîne un jaunissement, interrompez les traitements et vérifiez la dose, les conditions météo et les recommandations du fabricant.
Une famille qui cultive six pieds de tomates et deux rosiers n’a pas forcément besoin de préparer cinq litres : un petit pulvérisateur permet de limiter les surplus et de mieux couvrir les plantes concernées. La bonne dose est celle qui correspond à la culture réelle, au stade du végétal et aux instructions du produit.
Choisir le bon moment
La bouillie bordelaise protège par contact : elle forme un dépôt à la surface des parties pulvérisées et freine la germination de certains champignons. Elle ne circule pas dans la plante et ne soigne pas une infection installée. Le calendrier vise donc les périodes de risque, plutôt qu’une répétition automatique de traitements à date fixe.
Au potager, la prévention du mildiou repose d’abord sur l’observation de la météo et des plantes. Une alternance de chaleur, d’humidité et de feuillage longtemps mouillé augmente le risque. En période favorable à la maladie, les étiquettes et les conditions locales peuvent conduire à renouveler les applications à intervalles de 10 à 15 jours ; ce rythme n’est pas une consigne universelle et ne doit jamais dépasser le nombre maximal de traitements autorisé.
Choisissez une journée sèche, peu venteuse et modérée en température. Une température inférieure à 25 °C est un repère prudent pour éviter les heures les plus chaudes, sans remplacer les consignes du fabricant. Traitez tôt le matin ou en fin de journée, lorsque le soleil tape moins fort, et laissez le dépôt sécher avant une pluie annoncée.
Une forte pluie peut lessiver une partie du produit. Après un épisode dépassant environ 20 mm, vérifiez l’état du feuillage et l’indication de renouvellement figurant sur l’étiquette ; ne pulvérisez pas à nouveau par automatisme. Les feuilles apparues depuis le dernier passage ne sont pas protégées, ce qui invite à surveiller la croissance autant que la météo.
Organiser les passages au verger
Au verger, les périodes de chute des feuilles et de gonflement des bourgeons sont des fenêtres courantes de prévention contre certaines maladies. La date précise change selon le climat, l’espèce et la variété. Un pêcher qui débourre tôt dans une région douce ne suit pas le même calendrier qu’un arbre cultivé dans une zone froide.
Évitez la pleine floraison des arbres fruitiers : une pulvérisation peut perturber les fleurs et les pollinisateurs. Quand le feuillage est déjà stressé par la sécheresse, attendez le retour de conditions plus favorables plutôt que d’ajouter une contrainte à la plante. Si le risque de maladie est faible, mieux vaut parfois s’abstenir.
La couverture compte autant que la date. Mouillez régulièrement les faces supérieure et inférieure des feuilles ainsi que les tiges visées, sans faire ruisseler le produit au sol. Pour un petit rang de tomates, avancez lentement et contrôlez l’ensemble du feuillage ; un arbre adulte peut demander plusieurs litres, alors qu’un jeune sujet en consomme bien moins.
Un carnet de jardinage facilite les décisions : notez la date, la culture, la dose, la pluie et les symptômes observés. Après quelques semaines, ces repères montrent si les applications étaient utiles ou trop fréquentes. Le bon calendrier suit les risques réels et l’étiquette, pas une routine appliquée à toutes les plantes.
Limiter le cuivre et les risques
Le cuivre ne disparaît pas rapidement du sol : des applications répétées peuvent l’y accumuler et nuire aux organismes qui participent à la vie du jardin. Une dose plus forte ne garantit pas une meilleure protection. Elle augmente en revanche le risque de brûlure sur les feuilles et la quantité de cuivre déposée au sol.
Les plafonds réglementaires dépendent du cadre d’utilisation et des règles applicables au produit. En agriculture biologique, une limite de 28 kg de cuivre métal par hectare sur sept ans correspond à une moyenne de 4 kg par hectare et par an ; cela ne signifie pas qu’un particulier peut appliquer cette quantité dans son jardin. L’étiquette fixe les usages, les doses et le nombre maximal de passages : respectez-les strictement.
Réduire les erreurs courantes
Ne doublez jamais la dose pour « assurer » le résultat et ne mélangez pas plusieurs produits dans le pulvérisateur sans autorisation explicite. Certaines associations, notamment avec des huiles ou d’autres traitements, peuvent accentuer les brûlures ou modifier l’efficacité. Si l’emballage n’indique pas clairement la compatibilité, gardez les applications séparées.
Évitez toute dérive vers un bassin, un fossé ou un cours d’eau : le cuivre présente une forte toxicité pour les organismes aquatiques. Ne rincez pas le matériel près d’un point d’eau et ne videz pas les fonds de cuve sur une surface imperméable reliée aux eaux pluviales. Gardez également les personnes et les animaux à l’écart jusqu’au séchage du feuillage, selon les indications du produit.
Avant la récolte, suivez le délai indiqué sur l’emballage : il varie selon la culture et le produit. Lavez soigneusement les fruits et légumes à l’eau potable avant consommation. Si des traces bleutées restent visibles sur des tomates, elles signalent un dépôt de surface ; un rinçage ne remplace pas le respect du délai réglementaire.
Privilégier la prévention
La lutte contre les maladies commence par des conditions de culture moins favorables aux champignons. Pour les tomates, espacez les plants, arrosez au pied et retirez les feuilles malades avec un outil propre. Éliminez les parties fortement atteintes avec les déchets appropriés plutôt que de les déposer au compost si elles risquent de propager l’infection.
Choisir des variétés adaptées, nettoyer les outils et alterner les cultures contribuent aussi à la protection du potager. Au verger, ramasser les feuilles malades et tailler pour aérer la ramure réduit certaines sources d’inoculum. Ces gestes ne remplacent pas un traitement nécessaire, mais ils peuvent diminuer le nombre de pulvérisations.
Pour comparer deux produits, vérifiez quatre éléments : la concentration en cuivre, les cultures autorisées, la dose par litre d’eau et le nombre maximal d’applications. Les poudres peuvent produire de la poussière et des grumeaux ; les granulés dispersibles sont souvent plus faciles à manipuler, tandis qu’un pulvérisateur prêt à l’emploi convient plutôt à quelques plantes. Utiliser moins, mais avec une mesure fiable et au bon moment, protège à la fois les cultures et le sol.